Diabolo - Diabolo CK
Marque et modèle
Marque : Diabolo (fabriquée à l’origine par la société suédoise Pump-Separator, entreprise absorbée par la suite par Alfa Laval).
Modèle : Diabolo CK
Époque : Datable approximativement entre les années 1920 et les années 1940.
Caractéristiques techniques
La baratte sert à agiter et à « battre » la crème jusqu’à provoquer la rupture des membranes des globules de matière grasse, séparant ainsi le beurre du babeurre :
Mécanique de fonctionnement : en tournant la manivelle, les engrenages apparents situés à la base font tourner à grande vitesse des pales (ou un panier entier) à l’intérieur du grand récipient métallique fermé.
Vitesse de fonctionnement : 50-55 tours par minute, comme l’indique clairement le relief sur la fonte de la manivelle noire (50-55 REV. PR. MIN.). Maintenir ce rythme constant était essentiel à la parfaite réussite du beurre.
Structure et composants :
Base lourde en fonte peinte en noir, fixée sur une planche de support en bois.
Grand récipient bombé en alliage métallique mat (généralement en aluminium épais ou en métal galvanisé) doté d’un couvercle supérieur hermétique pour éviter que la crème ne déborde pendant le barattage.
Poignée tournante en bois clair, encore en excellent état.
État de conservation : superbe et entièrement d’origine. La plaque ovale en laiton portant la marque Diabolo CK est parfaitement centrée et lisible sur le corps de la machine.
Valeur historique et positionnement
Valeur historique
La marque Diabolo est née sous l’égide de la société suédoise Aktiebolaget Pump-Separator, fondée à Stockholm en 1903 pour concurrencer Alfa Laval. Ses produits (écrémeuses et barattes) devinrent célèbres dans toute l’Europe pour leur excellent rapport qualité-prix. Dans les fermes et les petites exploitations agricoles du début du XXe siècle, cet objet fonctionnait en « tandem » avec l’écrémeuse : on utilisait d’abord l’écrémeuse pour obtenir la crème à partir du lait, puis on versait la crème dans cette baratte Diabolo pour la transformer en mottes de beurre.
Positionnement sur le marché de la collection
Cette pièce présente un très grand intérêt pour les collectionneurs, car les barattes manuelles en métal de cette forme (compactes, « de table ») se sont moins souvent conservées que les grandes barattes en bois en forme de tonneau ou que les écrémeuses verticales. La pureté de ses lignes et la présence de la base en bois d’origine en font un objet d’antiquité rurale très élégant et recherché pour des expositions historiques ou une décoration thématique.
Curiosités
L’origine du nom « Diabolo » : la forme du tout premier séparateur breveté par cette entreprise rappelait beaucoup le sablier du diabolo (le célèbre jeu de jonglage). Le nom plut tellement qu’il fut conservé comme marque de fabrique pour des gammes entières de produits, y compris ces barattes à beurre.
Le mystère du beurre fait maison : faire du beurre avec cette machine demandait une grande sensibilité. Si la crème était trop froide, la matière grasse ne se séparait pas ; si elle était trop chaude, le beurre devenait une pâte informe. Le paysan devait écouter le « bruit » du liquide changer à l’intérieur du fût métallique pour savoir à quel moment précis le beurre s’était enfin formé.